Blockchain Privées, Publiques et à Consortium — Quelles sont les différences ?
HomeArticles

Blockchain Privées, Publiques et à Consortium — Quelles sont les différences ?

Intermédiaire
1w ago
6m

Contenu de cet article


Lorsque le Bitcoin a été lancé, il a posé les bases d'une industrie qui tourne autour de la technologie qui sous-tend le protocole : la blockchain. Les innovateurs enthousiastes ont maintenant découvert le potentiel de la technologie et explorent ses applications dans toutes les industries imaginables.

Bitcoin est ce que l'on appelle une crypto-monnaie – une forme de cash numérique non contrôlée par une seule entité. Au lieu de cela, il utilise une combinaison de technologies de base de données distribuées, d'incitations financières et de techniques cryptographiques pour permettre à un vaste écosystème de se coordonner sans dirigeants ni administrateurs.

La structure de données utilisée par le réseau Bitcoin a généré un attrait généralisé en un peu plus de 10 ans, depuis sa création. Aujourd'hui, la technologie blockchain est utilisée pour des expérimentations dans des secteurs allant de la finance aux chaines d'approvisionnement en passant par les systèmes juridiques et les gouvernements.

Au cas où vous auriez manqué notre Guide du Débutant à propos de la Technologie Blockchain : une blockchain est une structure de données simple dont les entrées ne peuvent pas être modifiées, mais seulement enrichies (on peut seulement y ajouter des données). Une bonne comparaison consiste à la concevoir comme une feuille de calcul, où chaque cellule pointe vers la précédente, afin que toute tentative de modification d'une cellule antérieure soit immédiatement apparente et évidente. Généralement, une blockchain stockera des informations de transactions financières, mais peut être utilisée avec n'importe quel type de données numériques.

Pour poursuivre notre analogie avec les feuilles de calcul, le document lui-même serait détenu par de nombreuses parties. Chacune exécute un logiciel spécialisé sur son terminal, qui se connecte avec d'autres de ces terminaux qui utilisent également ce logiciel, afin que tous les participants soient en possession de la même base de données, à jour. 

Il n'existe pas de source centrale par laquelle les participants obtiennent ces informations (le réseau estdistribué). Cela signifie que la propagation des informations est plus lente, mais cela rend le réseau plus fort en termes desécurité et de redondance.

Dans le développement qui suit, nous allons aborder trois types de blockchains –  les blockchains privées, publiques et à consortiums. Mais avant cela, faisons le point sur certaines fonctionnalités clés que les trois ont en commun:

  • Un registre immuable sur lequel on ne peut qu'ajouter des données – pour se qualifier comme une blockchain, un système a besoin de suivre une chaîne structurée en blocs, où chaque bloc est lié au précédent. Si notre blockchain représente le groupement de cellules utilisées dans notre tableur, les blocs sont les cellules individuelles.
  • Un réseau de pairs – chaque participant du réseau possède une copie de la blockchain. Ces participants sont appelés nœuds, et ils interagissent au travers d'une architecturepeer-to-peer.
  • Un mécanisme de consensus – il se doit d'exister un mécanisme pour que les nœuds s'entendent à propos de la justesse des transactions diffusées à travers le réseau, pour s'assurer qu'il n'y a pas de fausses données en cours d'écriture dans la chaîne.

Le tableau ci-dessous résume certaines des différences majeures.



Type de Blockchain

Publique

Privée

à Consortium

Sans permission ?

Oui

Non

Non

Qui peut la consulter ?

Tout le monde

Seulement les utilisateurs invités

Cela varie

Qui peut y écrire?

Tout le monde

Des participants approuvés

Des participants approuvés

Propriété

Personne

Entité unique

Plusieurs entités

Participants connus ?

Non

Oui

Oui

Vitesse de transaction

Lente

Rapide

Rapide


Blockchains publiques

Si vous’avez récemment utilisé une crypto-monnaie, il y a de fortes chances pour que vous’ayez interagi avec une blockchain publique. Celles-ci constituent l'écrasante majorité des registres distribués qui existent aujourd'hui. Nous les appelons publiques parce que n'importe qui peut voir les transactions qui y ont lieu, et pour y adhérer il est simplement question de télécharger le logiciel nécessaire.

Nous utilisons aussi souvent le terme sans permission en même temps que public. Aucun gardien ne peut entraver de participation, et n'importe qui peut s'engager avec le mécanisme de consensus (par exemple, en pratiquant le minage ou le staking). Comme tout le monde est libre de rejoindre le réseau et d'être récompensé pour son rôle dans l'obtention d'un consensus, on peut s'attendre à voir une topologie très décentralisée sur un réseau établi autour d'une chaîne publique.

Dans la même veine, nous nous attendrions à ce qu'une blockchain publique soit plus résistante à la censure que son équivalent privé (ou semi-privé). Comme tout le monde peut rejoindre le réseau, le protocole doit intégrer certains mécanismes pour empêcher les acteurs malveillants de s'octroyer des avantages anonymement.

La stratégie sécuritaire sur les chaînes publiques comporte cependant des compromis sur le front de la performance. Beaucoup sont confrontées à des obstacles de scalabilité et le débit y est relativement faible. En outre, faire appliquer des changements à un réseau sans qu'il éclate peut être un défi, car il est rare que tous les participants s'accordent sur les changements proposés.


Blockchains privées

En contraste flagrant avec la nature sans-permission des blockchains publiques, les blockchains privées établissent des règles dictant qui peut consulter et écrire dans la chaîne (ce sont des environnements nécessitant une permission). Il ne s'agit pas de systèmes décentralisés, car il existe une hiérarchie claire en matière de contrôle. Ils peuvent cependant être considérés comme distribués, d'une certaine manière, de par le fait que de nombreuxnœuds maintiennent en permanence une copie de la chaîne sur leurs terminaux.

Les chaînes privées sont mieux adaptées au monde de l’entreprise, où une organisation veut profiter des propriétés de la blockchain sans rendre son réseau accessible par l’extérieur.

Le Proof of Work constitue un certain gaspillage, mais il s'est avéré nécessaire pour un environnement ouvert, étant donné le modèle de sécurité que ce dernier utilise. Dans une blockchain privée, cependant, les menaces contre lesquelles le PoW protège ne sont pas aussi préjudiciables – l'identité de chaque participant est connue, et la gouvernance est établie. 

Un algorithme plus efficace, dans ce cas-là, est un algorithme avec des valideurs nommés, qui sont des nœuds sélectionnés pour prendre en charge certaines fonctions dans la validation des transactions. D'une manière générale, cela implique qu'un assortiment choisi de noeuds doit signer chaque bloc. Si les nœuds commencent à agir de manière malveillante, ils peuvent être rapidement arrêtés et retirés du réseau. Étant donné le contrôle pyramidal existant dans ce type de blockchain, il sera assez facile de coordonner une réécriture des blocs.


Blockchains à consortium

La blockchain à consortium se situe sur la limite entre chaînes publiques et privées, combinant des éléments des deux côtés. La différence la plus notable par rapport à chaque système peut être observée au niveau du consensus. Au lieu d'un système ouvert où n'importe qui peut valider des blocs ou d'un système fermé où seule une seule entité nomme les producteurs de blocs, une chaîne à consortium comporte une poignée de parties équitablement puissantes qui fonctionnent simultanément en tant que validateurs.

À partir de là, les règles du système sont flexibles : la visibilité de la chaîne peut être limitée aux validateurs, consultable par des personnes autorisées, ou par tous. Pour autant que les validateurs puissent parvenir à un consensus, des changements peuvent être facilement déployés. Quant au fonctionnement de la blockchain, si un certain seuil de ces parties se comportent honnêtement, le système ne rencontre aucun problème.

Une blockchain à consortium serait plus bénéfique dans un contexte où plusieurs organisations opèrent dans la même industrie, et exigent un terrain d'entente pour effectuer des transactions ou des relais d'informations. Rejoindre un consortium de ce type pourrait être bénéfique pour une organisation, car cela lui permettrait de partager ses connaissances au sujet de son industrie avec d'autres acteurs.


Laquelle est supérieure ?

Fondamentalement, les blockchains publiques, privées et à consortium ne sont pas confrontées entre elles – ce sont des technologies différentes :

  • Les chaînes publiques bien conçues ont tendance à exceller en matière de résistance à la censure, au détriment de la vitesse et du débit. Elles fournissent les meilleures garanties de sécurité sur la réalisation des transactions (ou des contrats intelligents).
  • Une chaîne privée peut mettre l'accent sur la vitesse du système, car elle n'implique pas le besoin de s'inquiéter des points centraux d'échec autant que dans les blockchains publiques. Elles sont idéalement déployées dans des situations où une personne ou une organisation doit rester au contrôle et où les informations doivent rester privées.
  • Les chaînes à consortium atténuent certains des risques de contrepartie d'une chaîne privée (en supprimant le contrôle centralisé), et leur nombre de noeuds plus petit leur octroie des performance généralement beaucoup plus efficace que celles d'une chaîne publique. Les consortiums sont susceptibles de séduire les organisations qui veulent rationaliser la communication entre elles.


Pour conclure

Une myriade d'options de blockchain existe pour les individus et les entreprises qui se livrent à diverses activités. Même au sein des catégories de blockchains publiques, privées et à consortium, il existe un certain nombre de subtilités qui mènent à différentes expériences utilisateur. Selon le cas d'utilisation, les utilisateurs devront choisir celle qui s'instaure comme la mieux adaptée pour atteindre les objectifs donnés.